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Musée virtuel du Canada
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Le lac Saint-Pierre

Piégeage

Une rencontre avec Guillaume Lafond, jeune trappeur de la région de Nicolet, a permis de comprendre l'évolution du piégeage à travers le temps. Aujourd'hui, nous utilisons des pièges humanitaires, c'est-à-dire des pièges qui tuent les animaux en peu de temps (environ 30 secondes) pour éviter de les faire souffrir.

Un homme montrant les pièges qu'il utilise.
Pièges en X utilisés pour les rats musqués, les ratons laveurs ou les visons (tailles différentes des pièges selon l'espèce piégée)

Le piège plus foncé, de la compagnie Victor (d'où le V sur la détente), est communément appelé piège à patte ou à rétention. Il doit être utilisé sur la rive près de l'eau dans un contexte où l'animal pris va se noyer en peu de temps. On ne doit pas employer ce type de piège en terrain sec car il occasionnerait une blessure et non la mort; ce qui causerait des souffrances inutiles à l'animal. Les trois autres sont des pièges en X de tailles différentes. Le plus petit portant une chaîne est destiné au vison. Le plus gros est employé pour le raton laveur. La longue tige droite du piège à rat musqué permet de l'installer en le plantant dans le sol au milieu du sentier que l'animal a tracé.

Différents pièges disposés sur une surface grise

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Guillaume montre un piège en X armé. La chaîne sert à ancrer le piège en le fixant, par exemple, à un arbre ou au sol avec un dispositif spécial pour empêcher de le perdre. On utilise des gants pour manipuler le piège afin de ne pas laisser d'odeur. Il ne faut pas oublier que les mammifères possèdent un odorat très développé.

Un homme tenant un piège dans ses mains.

Pour ne pas se prendre la main dans le piège lorsqu'il est armé, on utilise un outil de sécurité. On retire l'outil de sécurité à la toute fin. Dans le bas de la photo à droite, on voit un piège de rétention pour le raton laveur. Seule sa patte peut entrer là-dedans. Elle reste prise sans être blessée. Il faut aller vérifier ses pièges régulièrement. On évite ainsi de prendre des animaux domestiques lorsqu'on est en zone périurbaine.

Vue rapprochée d'un piège en X tenu dans des mains

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Ce piège à patte est enterré de sorte qu'on n'en voit que l'ouverture. Au fond, on place une guimauve comme appât. Le raton laveur tente de la saisir avec sa patte et est ainsi pris.

Vue rapprochée d'un piège à patte tenu dans des mains

Guillaume montre des peaux d'animaux qu'il a trappés. Elles lui sont utiles pour faire de l'animation auprès des jeunes. Il aime montrer les différences morphologiques entre les espèces qui sont des adaptations à leur alimentation ou à leur mode de vie. Il explique également les diverses utilisations faites par les humains de ces fourrures. Ainsi, la fourrure du coyote sert à confectionner la bordure des capuchons de manteaux. Celle du raton laveur est transformée en manteaux et en chapeaux. On fabrique des mitaines et des bottes avec la peau de castor et des chapeaux avec celle du pékan. La loutre possède une fourrure luisante et dense qui lui donne une plus grande valeur sur le marché. Cette fourrure de grande qualité est transformée en manteaux.

Un homme debout derrière une table où sont déposées différentes fourrures.
De gauche à droite: peaux de coyote, de raton laveur, de castor, de pékan et de loutre

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Autrefois, les Amérindiens séchaient les peaux de castor sur une forme ovale. Encore de nos jours, cette façon de faire est conservée.

Fourrures et crânes déposés sur une table

Du XVIe au début du XIXe siècle, les peaux de castor étaient très recherchées car on les utilisait pour la chapellerie. Durant cette période, le castor a tellement été piégé que sa population a connu une chute dramatique. La réalisation d'un chapeau prenait environ sept heures et comportait une trentaine d'étapes. On retirait en premier les poils plus longs, les jarres, pour ne conserver que la couche inférieure très dense de poils courts fins et soyeux (la bourre) qu'on feutrait. Ces chapeaux en feutre de castor servaient de protection contre le soleil et la pluie. Ils indiquaient également la fortune dont disposaient les personnes qui les portaient.

Chapeau haut-de-forme en castor

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Guillaume conserve les crânes de certains animaux qu'il a trappés afin de mieux comprendre leurs adaptations morphologiques. Sa curiosité scientifique étant assouvie, il réussit à communiquer aux autres, lors de ses animations, les connaissances qu'il a acquises sur la biologie des différentes espèces animales. Sa collection de crânes constitue un outil de communication précieux facilitant grandement la transmission d'informations. Par exemple, en observant les très longues dents du castor, on comprend aisément que celles-ci poussent sans arrêt chez les rongeurs et qu'il est nécessaire pour eux de ronger aussi souvent que possible.

Crânes de différentes espèces d'animaux déposés sur une fourrure de castor
Crânes de différentes espèces : pékan (en bas à gauche), coyote (en haut à gauche), castor (au milieu), mâchoire inférieure de castor portant des dents de couleur ocre très longues, loutre (à droite de la mâchoire de castor), renard (à droite)

Au début de la colonie, les coureurs des bois utilisaient la ceinture fléchée lorsqu'ils partaient en expéditions de chasse. Elle enserrait la taille par-dessus le manteau pour le refermer adéquatement. La qualité de ce tissage aux doigts lui conférait une grande résistance qui permettait qu'on l'emploie aussi pour tirer de lourdes charges. Puis, l'usage de la ceinture fléchée s'est répandu et elle est devenue davantage une parure qu'un objet utilitaire. Pour répondre à la demande plus importante, la production de ceintures fléchées connut alors une forte croissance. De nos jours, des artisans passionnés pratiquent encore cette activité traditionnelle en répétant inlassablement les mêmes gestes que leurs ancêtres.

Ceinture fléchée rouge, jaune et bleue traditionnelle dite de l'Assomption
Ceinture fléchée traditionnelle dite de l'Assomption

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En suivant un cours, Guillaume a découvert dernièrement les secrets de la confection de ces fameuses ceintures fléchées. Cet attrait pour la pratique d'activités traditionnelles et le plaisir qu'il éprouve de se retrouver dans le milieu naturel lui ont donné le goût de faire du piégeage. L'hiver, il visite ses pièges en raquettes; ce qui facilite ses déplacements sur les surfaces enneigées. Il vend la fourrure des animaux qu'il trappe et mange à l'occasion la chair du castor et du rat musqué. Il allie les techniques modernes aux pratiques ancestrales.

Raquettes à neige, tuques et ceintures fléchées déposées sur une table
Raquettes en « babiche » (lanière de cuir), tuques, ceinture fléchée grise et crème tissée à la main, ceinture fléchée rouge verte et bleue tissée au métier

Pour éviter de s'enfoncer dans la neige en marchant, on chaussait ce type de raquettes à la surface portante plutôt large. Aujourd'hui, les raquettes existent encore, mais leur apparence a beaucoup changé.

Paire de raquettes à neige rondes en babiche

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Vers 1850, ces bottes devaient probablement être fixées aux raquettes pour marcher sur la neige.

 Bottes en cuir utilisées en 1850 pour marcher dans la neige.

L'activité de trappage débute dès la fin de l'automne, se poursuit durant l'hiver et se termine au printemps. Guillaume place des pièges en milieu agricole ou en forêt non loin de la ville. Sur cette photo, il installe le piège en X dans une boîte en bois conçue exprès pour le raton laveur. La boîte est assez longue pour que le raton ne puisse pas atteindre l'appât avec sa patte. L'animal est alors obligé d'entrer sa tête à l'intérieur pour aller sentir l'appât. Le piège en X est placé à l'entrée de la boîte et les ressorts dépassent horizontalement de chaque côté par les fentes.

Les gestionnaires de la faune favorisent la chasse et le piégeage pour contrôler les populations d'animaux. Ces activités de prélèvement sont réglementées afin d'éviter un gaspillage des ressources et aussi afin de ne pas faire souffrir inutilement les bêtes capturées.

Un homme plaçant un piège dans un boisé.

Pour en savoir plus: Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs: le piégeage au Québec

Le chasseur ne se sépare pas de son couteau qui lui est utile en tout temps.

Couteau de chasse avec un manche en corne.

Afin qu'elle demeure bien au sec, les chasseurs transportaient autrefois la poudre de leurs fusils dans une corne de bœuf bouchée aux deux extrémités.

Corne de boeuf servant au transport de la poudre.

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